Une soirée au conseil municipal

Une soirée au conseil municipal dans Billet d'humeur email1010Nous sommes le jeudi 29 novembre 2007, il est 21 h 00, et le conseil municipal va débuter.
Nous nous asseyons au fond de la salle, où, pour une fois, une assistance nombreuse s’installe. Il y a, à notre droite, les conseillers municipaux de l’opposition dont nos 4 élus socialistes, à gauche, la majorité, entre les deux groupes, cinq ou six sièges vides, toujours les mêmes et ce depuis des années. Ne voyez pas là une volonté du maire de séparer les deux groupes, ce sont des élus de la majorité qui ont abandonné leurs fonctions et que l’on ne veut pas ou ne peut sans doute pas remplacer faute de candidats. Malgré les 35 membres initiaux de sa liste, le maire semble avoir une certaine difficulté à réunir des troupes suffisantes pour le « combat » et l’exercice , on peut comprendre pourquoi.
Le maire prend la parole, ses adjoints se succèdent, et la majorité se tait. Il sourit, content de lui-même, la majorité aussi. Le maire grogne, la majorité s’offusque. On lève le bras, on le descend. Dans la majorité, personne ne s’autorise à prendre la parole, et dans ce silence, elle semble peu concernée par ce qu’il se passe devant elle, on peut s’en étonner ; elle mime une gestuelle imposée plus qu’elle ne semble voter. Les élus socialistes prennent la parole, posent des questions, saisissent quelques notes, écoutent attentivement ce que le maire veut bien expliquer, et rien, ou peu de choses, ne semble perturber ce face à face. Un maire qui refuse d’enregistrer dans les comptes-rendus des conseils municipaux, les questions, les données apportées par l’opposition, seul compte sa parole, et uniquement la sienne. Un maire qui depuis le mois de mars a supprimé les tribunes de l’opposition du Journal de Villemomble, comme la loi l’y autorisait, mais en Seine-Saint-Denis il est le seul à l’avoir fait…
Un conseil municipal est toujours un révélateur de la cohérence qui peut exister dans une majorité, et malgré notre ton quelque peu sarcastique, sans doute notre mauvaise foi, on doit tout de même rappeler que le maire, est encore mal à l’aise dans une majorité disloquée entre ceux qui ne savent pas très bien pourquoi ils sont là, et les autres qui ne comprennent pas pourquoi ils restent. La seule chose qui compte c’est qu’ils sont presque certains de gagner toutes les élections qui se présenteront et s’ils sont sages, ils seront sans doute récompensés. On pourrait ainsi expliquer la chape de plomb qui règne dans la majorité, où l’on n’ose pas s’exprimer, si ce n’est quelques chuchotements qui viennent parfois jusqu’à nous. Au centre, le maire, mal à l’aise dans les relations humaines, angoissé de commettre un impair, et qui apprend par cœur des codes et autres règlements administratifs. Une image de comment la ville est gérée, où l’on craint l’extérieur, l’inconnue, dans une absence de prévision du futur, où la seule chose qui compte c’est qu’il n’y ait pas un centime de dette, même si certaines propriétés municipales nécessiteront d’importants travaux que l’on devra financer avec des taux d’intérêts qui sont aujourd’hui prohibitifs… La ville est à l’image de son maire, inquiète de ce qui l’entoure, gérée comme une sous-préfecture d’une province que l’on aurait oubliée…

Frédéric Jiméno


Archive pour mai, 2008

Une soirée au conseil municipal

Une soirée au conseil municipal dans Billet d'humeur email1010Nous sommes le jeudi 29 novembre 2007, il est 21 h 00, et le conseil municipal va débuter.
Nous nous asseyons au fond de la salle, où, pour une fois, une assistance nombreuse s’installe. Il y a, à notre droite, les conseillers municipaux de l’opposition dont nos 4 élus socialistes, à gauche, la majorité, entre les deux groupes, cinq ou six sièges vides, toujours les mêmes et ce depuis des années. Ne voyez pas là une volonté du maire de séparer les deux groupes, ce sont des élus de la majorité qui ont abandonné leurs fonctions et que l’on ne veut pas ou ne peut sans doute pas remplacer faute de candidats. Malgré les 35 membres initiaux de sa liste, le maire semble avoir une certaine difficulté à réunir des troupes suffisantes pour le « combat » et l’exercice , on peut comprendre pourquoi.
Le maire prend la parole, ses adjoints se succèdent, et la majorité se tait. Il sourit, content de lui-même, la majorité aussi. Le maire grogne, la majorité s’offusque. On lève le bras, on le descend. Dans la majorité, personne ne s’autorise à prendre la parole, et dans ce silence, elle semble peu concernée par ce qu’il se passe devant elle, on peut s’en étonner ; elle mime une gestuelle imposée plus qu’elle ne semble voter. Les élus socialistes prennent la parole, posent des questions, saisissent quelques notes, écoutent attentivement ce que le maire veut bien expliquer, et rien, ou peu de choses, ne semble perturber ce face à face. Un maire qui refuse d’enregistrer dans les comptes-rendus des conseils municipaux, les questions, les données apportées par l’opposition, seul compte sa parole, et uniquement la sienne. Un maire qui depuis le mois de mars a supprimé les tribunes de l’opposition du Journal de Villemomble, comme la loi l’y autorisait, mais en Seine-Saint-Denis il est le seul à l’avoir fait…
Un conseil municipal est toujours un révélateur de la cohérence qui peut exister dans une majorité, et malgré notre ton quelque peu sarcastique, sans doute notre mauvaise foi, on doit tout de même rappeler que le maire, est encore mal à l’aise dans une majorité disloquée entre ceux qui ne savent pas très bien pourquoi ils sont là, et les autres qui ne comprennent pas pourquoi ils restent. La seule chose qui compte c’est qu’ils sont presque certains de gagner toutes les élections qui se présenteront et s’ils sont sages, ils seront sans doute récompensés. On pourrait ainsi expliquer la chape de plomb qui règne dans la majorité, où l’on n’ose pas s’exprimer, si ce n’est quelques chuchotements qui viennent parfois jusqu’à nous. Au centre, le maire, mal à l’aise dans les relations humaines, angoissé de commettre un impair, et qui apprend par cœur des codes et autres règlements administratifs. Une image de comment la ville est gérée, où l’on craint l’extérieur, l’inconnue, dans une absence de prévision du futur, où la seule chose qui compte c’est qu’il n’y ait pas un centime de dette, même si certaines propriétés municipales nécessiteront d’importants travaux que l’on devra financer avec des taux d’intérêts qui sont aujourd’hui prohibitifs… La ville est à l’image de son maire, inquiète de ce qui l’entoure, gérée comme une sous-préfecture d’une province que l’on aurait oubliée…

Frédéric Jiméno

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